10.07.2008

Le Modem Mayennais s'organise!

Article du courrier de la Mayenne (10 au 16 juillet 2008)

Le MoDem veut réexpliquer l'Europe

Les membres du MoDem ont présneté mercredi 2 juillet leur nouveau bureau provisoire. Il est composé de dix membres dont deux représentants des jeunes démocrates: Philippe Morisset et Maxime Lemaitre. Le bureau compte aussi parmi ses membres Alain Groult, adjoint au maire de Congrier, vice président du syndicat d'éléctrification et du gaz intercommunale de Saint- Aignan sur Roë. Il est responsable de la formation et est en charge du dossier "Europe" avec Marie Thureau, responsable de cette commission. " Les élections européennes sont trés importantes pour le mouvement démocrate. Nous allons y travailler avec les candidats de la région grand Ouest" a t'elle assuré. Louis Pierre Frileux travaille lui sur les rencontres avec les élus mayennais "pour leur expliquer les projets politiques du Modem et leur montrer comment travailler en synergie" a t'il précisé. Alain Bonnefoy est en charge de l'organisation du jeune mouvement qui n'a que 7 mois d'existence. André Martinez, retraité de police, est trés sensibilisé par les libertés individuelles et notamment par les problèmes que peuvent rencontrer les étrangers en France (50 personnes sont à l'heure acruelle en voie d'expulsion en Mayenne) Il interviendra avec d'autres sur l'actualité départementale. Jérôme Gavet a été désigné pour élaborer le règlement intérieur afin de structurer le mouvement en Mayenne. Pierrick Tranchevent, maire de Jublains et vice président de l'agglomération de Mayenne travaille sur l'organisation du mouvement. Enfin, Bruno Bertier est le fédérateur de ce bureau provisoire. Le bureau définitif sera élu le 27 septembre prochain.

"Suite à la démission de Jean Arthuis, nous devons simplement nous réorganiser" a ajouté Bruno Bertier. Dès la rentrée, les membres du Modem iront à la rencontre des adhérents et des autres avec pour thème porteur l'Europe. Les jeunes démocrates organiseront des cafés démocrates et des réunions à théme sont prévues. "Nous allons suivre l'actualité de la ville de Laval. Le Modem n'est pas représenté au conseil municipal mais nous souhaitons expliquer  nos projets aux élus ainsi qu'aux citoyens" a expliqué Bruno Bertier. " Il faut redonner la parole au peuple par rapport à l'Europe. Le "non" de 2005 révèle une incompréhension des Européens Nous allons avoir un rôle pédagogique pour réexpliquer ce qu'est l'Europe et faire que cette machine se remette en place" a t'il ajouté. Les membres du Modem souhaitent notamment réexpliquer ce qu'est la PAC et remettre l'homme au coeur du projet. "Il faut que l'Europe se construise avec les peuples et non avec les chefs."

Un site web a été crée pour permettre aux adhérents ou futurs adhérents de trouver de nombreuses informations et liens: www.modem53.com Rencontre avec les membres du bureau dans leurs locaux sur rendez vous: 68 rue de Nantes à Laval.

02.07.2008

La complainte des petits satellites de l'UMP en mal de reconnaissance

Article du journal Le Monde que j'ai trouvé sur le Blogdudemocrate.org

Qu'il est dur d'exister à l'ombre du parti majoritaire ! A l'occasion de deux réunions confidentielles, dimanche 29 juin, orphelins du centrisme, d'une part, naufragés du social-libéralisme, de l'autre, tentaient de réactiver ce qu'il reste de leurs réseaux.

Dans une salle du Sénat, 200 personnes se sont interrogées pendant six heures sur le meilleur moyen de "rassembler les centristes". Jean Arthuis, sénateur (Union centriste-UDF) de la Mayenne , était l'âme de ce rassemblement. Autour de lui, une brochette de sénateurs, un député et quatre députés européens, morceaux épars de l'ex-UDF. L'autonomie assumée par François Bayrou et le Mouvement démocrate (MoDem) à l'égard de Nicolas Sarkozy et sa majorité présidentielle les a pétrifiés. L'opération "Nouveau Centre" menée sous la houlette d'Hervé Morin au lendemain de l'élection présidentielle par les ex-députés de l'UDF soucieux de conserver leurs sièges aux législatives les a pris de vitesse. Ceux-là, pour prix de leur ralliement et du désordre qui s'en est suivi, ont été abondamment servis dans la distribution des places au gouvernement.

Du coup, ceux qui sont restés entre deux chaises, sans troupes ni organisation, s'inquiètent pour leur avenir. A quelques semaines d'un renouvellement sénatorial suivi d'élections à la présidence du Sénat et des commissions permanentes, le rassemblement des centristes venait à point nommé. "Notre devoir est de nous organiser, a insisté le président de la commission des finances du Sénat, bien décidé à jouer un rôle actif dans cette séquence. Le temps presse, car nous sommes à la veille d'échéances électorales. Il ne saurait être question de disparaître de la vie politique."

"DEVOIR DE SOLIDARITÉ"

A la même heure, Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, présidait dans une salle du 7e arrondissement de Paris, devant un peu moins de 200 personnes, les premières "rencontres nationales" de la Gauche moderne. Venu des rangs du PS mais se revendiquant du "blairisme", il a, dit-il, "pris le risque d'être au gouvernement". "Mon objectif, en dehors de mes responsabilités gouvernementales, est d'arriver à prendre mon envol politique", confie-t-il en annonçant la tenue, fin novembre, d'un congrès de fondation de sa formation, qui revendique "plusieurs centaines d'adhérents". "Il est temps que la France ait, elle aussi, un vrai parti social-libéral. Ce parti que la France n'a pas encore, c'est nous", défend le maire de Mulhouse.

Les deux rencontres de dimanche marquent cependant les limites du "pluralisme" de la majorité. Si M. Sarkozy a réussi, après son élection, à attirer quelques personnalités venues de la gauche ou du centre, ce qui a momentanément brouillé les pistes, il n'y a pas eu de déplacement politique significatif et d'élargissement de la majorité, comme en témoignent les élections locales du printemps. Les diverses formes d'organisation - parti, club ou cercle de réflexion, dans ou hors l'UMP - aboutissent au même constat : l'impossibilité de se faire entendre et l'absence d'identification.

Les partenaires de l'UMP veulent être mieux pris en considération. Christine Boutin, présidente du Forum des républicains sociaux (FRS), était présente au rassemblement centriste. En marge de cette rencontre, elle a répété que son parti, "membre fondateur de l'UMP", ne voulait pas être "considéré comme un sous-fifre ou un faire-valoir". "Mais il n'est pas question que je sorte de l'UMP", ajoute la ministre du logement, se disant convaincue qu'"il n'y a pas d'avenir pour une stratégie de rassemblement des centristes en dehors de l'UMP". Même complainte du côté du Nouveau Centre. "Nous voulons être respectés", se plaint inlassablement le président et porte-parole du groupe de l'Assemblée nationale, François Sauvadet. Mais à chaque fois que les centristes haussent le ton, les responsables de l'UMP ne se privent pas de les rappeler à leur "devoir de solidarité". Difficile dans ces conditions de se frayer un chemin.

Patrick Roger

19.04.2008

Yannick Favennec (UMP) tance le gouvernement

1485236347.jpgLe député dénonce « la cacophonie » des réformes mal préparées, mal expliquées, parfois en désaccord avec les engagements de Nicolas Sarkozy. Entretien.

On vous sent fâché contre le gouvernement en ce moment. Pourquoi ce coup de gueule ?

L'an passé, j'avais déjà contesté la réforme de la carte judiciaire. Aujourd'hui, on nous refait le coup. Il y a eu le vote sur les OGM qui a complètement vidé de sa substance le Grenelle de l'Environnement, l'énorme couac sur la carte familles nombreuses, le déremboursement des lunettes, la réforme des allocations familiales qui m'a fait littéralement tomber de ma chaise, et maintenant ce sont les hôpitaux de proximité qu'on veut supprimer sans concertation. Trop c'est trop ! Chaque matin, on se demande, nous parlementaires de la majorité, à quelle sauce on va être mangés.

Qu'est-ce qui vous gêne ?

D'abord la méthode. Il est invraisemblable que les parlementaires soient informés des projets gouvernementaux par des conseillers de l'Élysée, par voie de presse. Il y a un problème de fonctionnement, de communication à l'intérieur du gouvernement - je me demande d'ailleurs à quoi sert le ministre de la Famille, on n'a jamais été aussi cacophonique sur le sujet - mais aussi dans la majorité. Le président du groupe UMP [Jean-François Copé] parle de « coproduction » en amont, entre le gouvernement et les députés, très bien, mais j'attends toujours de voir ce que ça va donner. Nous avons été élus pour faire des réformes, mais pas comme ça. Une réforme, ça doit se faire dans la concertation, la pédagogie. Ça doit être juste et compréhensible.

Et peut-être aussi en accord aussi avec les engagements de Nicolas Sarkozy ?

Oui bien sûr. Il est vrai que je ne comprends pas très bien le projet de réforme des allocations familiales, alors que pendant la campagne il avait été question de les attribuer dès le premier enfant. Pendant la campagne, on avait aussi dit : on va mieux rembourser les frais dentaires et d'optique, et là, on remet tout en cause. Il y a là une discordance insupportable.

Vous êtres très critique, n'avez-vous pas peur de vous faire remonter les bretelles ?

Je suis loyal, fidèle à la majorité, mais je ne serai jamais un député godillot, un mouton. Lors du vote sur les OGM, le président du groupe UMP, nous a réunis une heure avant en disant : « Screugneugneu, je ne veux voir qu'une seule tête ! » J'ai eu l'impression d'être un enfant qu'on réprimande dans une classe : « Si tu n'es pas sage, tu seras puni. » Eh bien, je ne crains pas la punition. Je ne suis pas aux ordres. Je dois d'abord des comptes à mes électeurs. Alors je passe mon temps à interpeller le gouvernement sur le mode : « Mais qu'est-ce que vous faites là ? » J'ai parfois l'impression d'être un député d'opposition, car ce qu'on propose ne correspond pas à ce pour quoi nous avons été élus.

Quel message souhaitez-vous faire passer ?

Mon échec à Mayenne [Yannick Favennec était candidat aux élections municipales] était sans doute lié en partie à des considérations locales, mais le contexte national a aussi joué. Je pensais qu'on en tirerait les leçons, mais le mini-remaniement ministériel n'a pas vraiment apporté de clarté. Il est temps de se reprendre, il y a encore des échéances à l'horizon.

Propos recueillis par Arnaud BÉLIER.

Ouest-France

07.03.2008

Bayrou: la République en cause

1521864868.gifArticle Nouvel Observateur

Le premier, j'ai dit que Nicolas Sarkozy représentait une menace pour les valeurs de la République. Aujourd'hui, je ne sais pas ce qui va arriver.» A l'heure de la grande désillusion des Français à l'égard de leur président, François Bayrou apparaît paradoxalement comme sonné : il ne pensait pas que les faits lui donneraient aussi rapidement et aussi profondément raison ! Pendant la campagne présidentielle, il n'a pas ménagé le candidat Sarkozy, brocardant ses rapports incestueux avec l'argent, les patrons, les médias, stigmatisant son alignement sur George Bush. En regard, les principaux leaders de la gauche apparaissaient presque indulgents, comme fascinés par la bête politique qu'est aussi Sarkozy. Aujourd'hui, Bayroule-précurseur ne peut que constater que tout le monde communie dans la sarkophobie. «Ca ne peut pas durer comme ça pendant cinq ans, laisse-t-il tomber. Il va y avoir un accident. Quand les ponts se rompent entre un président et un peuple, il se produit forcément quelque chose.» Quelque chose de «thermonucléaire», glisse-t-il un peu plus tard, aussi sûr que la France va connaître une déflagration qu'incapable d'en préciser la nature.
Neuf mois après l'élection présidentielle, François Bayrou se trouve à nouveau engagé dans un combat difficile : il tente d'enlever la mairie de Pau. Sans doute a-t-il au départ surestimé ses chances : arrivé en tête dans la ville à la présidentielle, depuis longtemps chantre du Béarn, le président du MoDem pensait ne faire qu'une bouchée de ses adversaires de droite comme de gauche. Il se dit toujours convaincu de l'emporter, mais c'est plus difficile que prévu : la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou, députée de Pau, fait jeu égal avec lui dans les sondages de premier tour. La partie est encore compliquée par le fait que le maire sortant Yves Urieta, successeur d'André Labarrère, mais en rupture de ban avec le PS, a reçu l'appui de l'UMP Dans ces conditions, le président du MoDem ne ménage pas sa peine : du quartier Saragosse où, comme dans beaucoup de cités hexagonales, flambent des voitures au stade où évolue «la Section», le club de rugby local, il se démultiplie.

Jusqu a samedi dernier, pourtant, personne à Pau ne lui avait parlé de Sarkozy. Une réserve qui l'avait frappé : les Palois l'entretenaient de la dégradation de leurs conditions de vie, de la hausse des prix, pas du comportement du président de la République. François Bayrou en concluait que si le rejet de Nicolas Sarkozy était profond dans les élites, il ne touchait pas encore fortement, en dépit de ce que disaient les sondages, les Français d'en bas. Mais ce samedi, alors qu'il parcourait les artères du centre-ville, les Palois sont tombés sur lui en avalanche : «Ils sont au moins dix à m'avoir dit leur désaccord avec la décision de Sarkozy de contourner le Conseil constitutionnel sur la rétention de sûreté. Ce qui se passe est de l'ordre des gouttes d'eau qui font déborder le vase.»

Plus que quiconque, le président du MoDem comprend les raisons de la disgrâce présidentielle. «Un chef de l'Etat doit rassurer, incarner, défricher l'avenir, souligne-t-il. Or Sarkozy fait le contraire de tout ça.» La Ve République est morte ! Dans l'état gazeux où se trouve la France, c'est sa seule certitude : les institutions ne survivront pas à l'expérience Sarkozy. «La preuve est faite qu'il n'y a pas de garde-fou.» François Mitterrand a dit un jour que la Ve République avait été dangereuse avant lui et qu'elle le serait après lui. Comme Mitterrand, François Bayrou juge que la Ve République exige un «président sage» tant il est doté de nombreux pouvoirs. Aujourd'hui, le côté forcené du nouveau président menace tout l'édifice constitutionnel : personne ne peut y faire obstacle.

Et demain ? Le président du MoDem n'exclut pas de grandes manifestations de rue ou une révolte des parlementaires. Dans cette perspective, il croit plus que jamais nécessaire une «alliance des reconstructeurs», sorte de néo-Front républicain qui rassemblerait la gauche socialiste, le centre et la droite gaulliste, dont Alain Juppé, son voisin bordelais, est à ses yeux le chef naturel. «Ce n'est pas une question de gauche ou de droite, c'est la République qui est en cause», martèle-t-il, fidèle à son credo. Mais François Bayrou se redit incapable d'écrire le scénario de l'affrontement inédit qu'il sent poindre : celui qui devrait mettre aux prises un président qui croit avoir tous les droits à des Français qui croient génétiquement à l'Etat de droit.
 

Le Nouvel Observateur

21.01.2008

Les jeunes et leur avenir compliqué

7151a194f251aa477f37ae5524276ef8.jpgPourquoi les jeunes Danois sont-ils plus heureux que les autres ? Mystère. La dernière enquête, Les jeunesses face à leur avenir, de la Fondation pour l'innovation politique (www.fondapol.org), réalisée en 2006, est pourtant sans ambiguïté : ils sont 26 % de jeunes Danois à croire que « l'avenir est prometteur ». Viennent ensuite les Américains (18 %), les Suédois, les Russes, les Allemands, les Anglais, les Espagnols, les Italiens, les Polonais... et, enfin, les Français avec 4 % !

Dans cette enquête, effectuée auprès de 22 000 jeunes âgés de 16 à 29 ans dans dix-sept pays différents, la plus surprenante des réponses est peut-être celle où les jeunes Français sont les seuls à affirmer que « l'obéissance est une qualité plus importante à développer chez l'enfant que l'indépendance ». Curieux.

Quarante ans après Mai 68, les grands adolescents d'ici ne suivent pas les traces de leurs aînés. Un certain conformisme est de mise : un jeune Français sur deux - 54 %, record mondial - estime que le regard des autres est déterminant dans ses choix professionnels. Interrogés sur l'emploi, ils ne sont que 27 % à être certains que la société leur procurera un « bon travail ». Dans le même temps, ils sont, avec les Russes, ceux qui « redoutent le plus le libre échange et la concurrence mondiale ». Compliqué.

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la question de la jeunesse n'a pas été affichée comme une préoccupation politique majeure. Les cafouillages autour du Plan Banlieues pourraient être effacés si les mesures que présentera, mardi, à Vaux-en-Velin, Fadela Amara sont accompagnées sur le terrain. L'idée de parcours éducatifs sécurisés (lutte contre l'échec scolaire), puis d'une aide personnalisée à la recherche d'emploi, mérite d'être soutenue. Mais qu'en pense le Président, de qui tout procède ?

À l'évidence, nombre de jeunes broient du noir. Enfin, pas complètement. Si l'on en croit les conclusions de cette enquête, les jeunes se réfugieraient dans « l'intime », c'est-à-dire dans « la famille, l'amour et la fidélité ». Contrairement aux idées reçues, ils s'engagent dans les associations ; encore faut-il préciser si c'est pour adhérer à un club de tennis ou bien pour lutter contre le réchauffement planétaire. D'évidence, pour les enquêteurs, il « existe une crise de confiance des nouvelles générations dans les institutions ». Certains plaident pour l'abaissement général de la majorité. Mais attention à d'éventuelles tensions entre générations, car seuls 11 % des Français de 16 à 29 ans se disent d'accord pour payer pour les retraites des plus vieux contre 63 % des jeunes Chinois qui sont prêts à le faire dans leur pays !

Ce qui se transmet, c'est de la solidarité familiale : argent, dialogue, mobilisation de réseaux, inégale selon les milieux. Mais qu'en est-il des modèles et des valeurs des générations plus âgées ? Les jeunes ont à inventer ou réinventer des références en phase avec l'évolution de la société. Du neuf et de l'ancien, en quelque sorte.

Par Jean-Michel Djian

18.01.2008

La guerre du centre

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Article du Nouvel Observateur:

Lyon 

C'est un bras de fer qui ne dit pas son nom. Une opposition entre deux amis de trente ans. François Bayrou, président du MoDem, d'un côté. Le sénateur Michel Mercier, un de ses derniers lieutenants, de l'autre. Objet du litige : la présence d'une liste MoDem «autonome» aux municipales lyonnaises. Bayrou y tient. Lyon lui a donné près de 22% à la présidentielle. Il veut faire de cette ville une des vitrines de son mouvement. Mercier, président du MoDem local, pense d'abord, lui, aux «110 élus du département qui ont apporté leurs parrainages à François Bayrou». Il veut surtout sauver sa présidence du conseil général. Ce qui passe, à Lyon, par une alliance avec l'UMP Son chef de file, Dominique Perben, l'exige dès le premier tour afin de créer une «dynamique» contre le maire sortant, le socialiste Gérard Collomb. Perben a déjà réalisé l'union à droite avec le MPF et les «amis de Charles Millon». L'appui du centre le renforcerait. Problème : Bayrou ne veut pas d'un ralliement à «une liste PerbenMillon, car c'est de cela qu'il s'agit», dans une ville où plane encore le souvenir de l'accord passé entre une partie de la droite et le Front national au conseil régional, en 1998.
Tout s'est compliqué en septembre 2007, avec le retrait d'Anne-Marie Comparini, figure de l'opposition à l'accord Millon-FN. Michel Mercier reprend ses troupes en main pour mieux gérer la future municipale. Regroupés dans un courant Génération démocrate, des nouveaux adhérents du MoDem obtiennent de Bayrou une primaire interne pour désigner leur candidat. Mercier boude. Puis repart à l'assaut. Il pousse à bout Azouz Begag, incontrôlable et enclin à s'allier avec la gauche. Begag, écoeuré, finit par jeter l'éponge. Mercier peut alors imposer, début décembre, la candidature d'un homme à lui : Christophe Geourjon. Bayrou ne dit rien, mais fait lanterner six semaines avant d'accorder, vendredi dernier, l'investiture officielle à Geourjon. Celui-ci s'apprête à présenter ses chefs de file par arrondissement mais il a un retard considérable sur ses concurrents. En début de semaine, il n'avait rallié qu'une centaine de noms de candidats sur les 221 nécessaires. Ce qui fait dire à ses opposants qu'il se contente d'occuper le terrain pour éviter une liste réellement autonome.
Aujourd'hui, on en est là. François Bayrou est coincé : «Je ne suis pas à Lyon, je suis bien obligé de croire ce que l'on me dit. Donc je pense que Geourjon fera une liste.» Bayrou et Mercier, en public, se ménagent. «Le vrai problème de François, c'est son affection pour Mercier. Il comprend les pressions que subit Michel», dit un de ses proches. «Comment voulez-vous que Bayrou s'oppose à ce que veut Mercier ?», rétorque un ami du sénateur. Les deux hommes, liés par leur amitié mais aussi par des intérêts politiques et financiers, se tiennent. Mercier a besoin de Bayrou pour exister face à l'UMP Bayrou ne peut se passer du trésorier de son mouvement et de la manne reversée par le groupe centriste qu'il préside au Sénat : plus de 1 million d'euros par an ! Ces tergiversations ont le don d'impatienter la droite et la gauche à la fois. Perben a donné jusqu'au 28 janvier à Mercier et à Geourjon pour que le MoDem le rejoigne. Sinon ? «Nos candidatures aux cantonales sont prêtes partout, y compris contre les MoDem sortants», menace-t-il. Gérard Collomb, lui, réserve des places dans ses listes «pour accueillir les MoDem qui ne veulent pas s'allier à la droite extrême». Lyon, ton univers impitoyable ...

Robert Marmoz
Le Nouvel Observateur

07.12.2007

Sciences Humaines

7a44832095e3627aff041c500d6acd01.jpgVoici un article très intéressant du magasine Sciences Humaines du mois d'octobre 2007: "Quand le mieux noté n’est pas celui qui gagne"

Le système électoral français exprime-t-il bien les préférences des électeurs ? Une expérience récente montre que l’on peut faire mieux.

L’élection présidentielle en France repose sur le principe du scrutin uninominal à deux tours : au premier, on choisit, au second, on élimine. En réalité, il est bien connu que, dès le premier tour, le vote « utile » est tentant : de nombreux citoyens ne votent pas pour leur candidat préféré, mais pour un possible gagnant au second tour. Est-il démocratique de devoir taire son choix personnel ? Le vainqueur est-il vraiment le préféré des électeurs ? La question a été posée plus d’une fois, et les propositions théoriques alternatives ne manquent pas. Mais la pratique, c’est encore mieux.
Lors de l’élection présidentielle du 22 avril 2007, une équipe de chercheurs des universités de Caen et Strasbourg ainsi que du CNRS a eu la permission de mettre en œuvre une expérience portant sur des modes de scrutin différents. Dans six bureaux de vote choisis pour leur représentativité, les électeurs ont été invités, juste après avoir déposé leur voix dans la vraie urne, à remplir un autre bulletin dans un bureau adjacent. Tout en respectant les dispositions habituelles (isoloir, urne), le contenu du vote était différent. Il s’agissait, dans un premier temps, de voter « par notation », c’est-à-dire d’attribuer une note (0, 1 ou 2) à chacun des douze candidats en lice. Le vainqueur serait celui qui aurait le plus de points. Ensuite, on proposait, sur la même page, de voter « par approbation », c’est-à-dire d’attribuer un point à tous les candidats acceptables et zéro aux autres. L’électeur pouvait cocher autant de noms qu’il voulait. Le vainqueur, là aussi, serait celui qui aurait le plus d’approbations.

Des résultats bouleversés

Résultat des courses ? Le sens de l’expérience a été compris : près des trois quarts des électeurs ont approuvé deux candidats et plus. Tout cela est jugé satisfaisant, car exprimant peut-être plus fidèlement les préférences des électeurs que le vote majoritaire. Bonne nouvelle.
La mauvaise – si l’on peut dire –, c’est que le résultat du vote n’est pas identique à celui du vrai scrutin dans les mêmes bureaux. En effet, que ce soit « par approbation » ou « par note », et sur les six bureaux, l’ordre d’arrivée des candidats est le suivant : en tête, François Bayrou ; en deuxième, Nicolas Sarkozy ; en troisième, Ségolène Royal. Viennent ensuite, et pas bien loin derrière, Olivier Besancenot et Dominique Voynet.
Or le scrutin officiel, conforme au résultat national, plaçait Sarkozy en tête, Royal en deuxième, Bayrou en troisième, et Le Pen en quatrième. Voynet, quant à elle, devançait Besancenot.
Même s’il ne s’agit que d’une expérience, on se prend à penser que le résultat d’une élection dépend peut-être plus de son dispositif technique que des dispositions des électeurs…

Nicolas Journet

29.11.2007

Article Le Monde 29/11/2007

1f7ba0f674232f7b643ed27d44a5d253.jpgUn vent de fronde souffle sur la fédération MoDem du Rhône. Une partie des adhérents tente de déjouer les plans du sénateur Michel Mercier, qui règne sur la fédération centriste depuis plus de dix ans. M. Mercier, pour conserver son conseil général, est prêt à passer une alliance sur Lyon avec le candidat UMP aux municipales de Lyon, Dominique Perben.

Refusant ce scénario, les frondeurs, emmenés par deux quadras, Gilles Vesco (UDF), le M. Velo'v de Lyon, et Eric Lafond (Cap 21), ont obtenu que soient organisées des primaires pour la désignation du candidat qui conduira les listes centristes aux municipales de mars 2008.

Pour défendre la stratégie d'autonomie prônée par François Bayrou pendant la campagne présidentielle, ils se sont regroupés derrière la candidature d'Azouz Begag. Il est la seule personnalité du MoDem, selon eux, en mesure de remplacer Anne-Marie Comparini, qui s'est retirée, et d'amener le centre au second tour.

Aux législatives de 2007, l'ancien ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances du gouvernement Villepin avait réalisé près de 15 % des voix dans la 3e circonscription, le meilleur score de l'UDF à Lyon après celui d'Anne-Marie Comparini (17 %).

"CRAPULERIES"

Mais la bataille des primaires, qui doit s'achever le 6 décembre, n'est pas gagnée. M. Begag s'est fixé comme objectif de faire de Lyon la "capitale de la résistance à Nicolas Sarkozy" ou encore "la capitale des grandes gueules démocrates". Pour le contrer, M. Mercier a d'abord tenté d'invalider sa candidature en faisant valoir qu'il n'avait pas sa carte du parti, puis, la preuve faite par l'intéressé, qu'il ne s'était pas acquitté de ses 20 euros de cotisations.

Face aux récriminations des militants, M. Mercier a finalement pris acte de la candidature de M. Begag. Depuis, disposant des fichiers de la fédération, il bat le rappel des militants pour leur demander de faire barrage à ce prétendant "trop incontrôlable" et d'apporter leur soutien à son candidat, Christophe Geourjon, le délégué départemental, totalement inconnu des Lyonnais.

Pour se qualifier, les candidats devront d'abord réunir au moins 80 parrainages, qui seront dépouillés, le 29 novembre, par M. Mercier lui-même. "Je n'ai pris parti pour personne. Je soutiendrai le vainqueur de cette primaire", se défend M. Mercier.

"Crapuleries, mascarades, tricheries" : Azouz Begag ne cesse de dénoncer les conditions du vote, soupçonnant ses adversaires d'organiser en sous-main le ralliement du MoDem au candidat UMP pour assurer un portefeuille ministériel à Michel Mercier. "Si je suis désigné, les candidats de Mercier se rallieront dans l'heure à Perben", tempête-t-il.

Les partisans de M. Begag espèrent rassembler les adhérents directs, ces jeunes trentenaires qui s'étaient inscrits massivement sur Internet pendant la présidentielle. "La seule inconnue, c'est de savoir si ces adhérents ne sont pas déjà repartis, dépités par les atermoiements de notre parti", estime M. Vesco.

22.11.2007

Article Ouest France 22/11/2007

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Jean Arthuis et ses amis adhèrent au Modem

Réunie en comité exécutif à Angers, la fédération régionale de l'UDF-Modem des Pays de la Loire "a validé, à l'unanimité, sa volonté d'adhérer au Modem qui naîtra du congrés des 1er et 2 decembre prochain." Son président, Jean Arthuis, souhaite que le nouveau parti "devienne le lieu de rassemblement de l'ensemble des centristes et de ceux qui se reconnaissent dans les valeurs sociales, liberales et européennes." Malgrés tout, Jean Arthuis insiste sur "la nécessité, pour le nouveau parti, d'avoir une gouvernance moins présidentielle, plus democratique et plus décentralisée."