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19.04.2008
Yannick Favennec (UMP) tance le gouvernement
Le député dénonce « la cacophonie » des réformes mal préparées, mal expliquées, parfois en désaccord avec les engagements de Nicolas Sarkozy. Entretien.
L'an passé, j'avais déjà contesté la réforme de la carte judiciaire. Aujourd'hui, on nous refait le coup. Il y a eu le vote sur les OGM qui a complètement vidé de sa substance le Grenelle de l'Environnement, l'énorme couac sur la carte familles nombreuses, le déremboursement des lunettes, la réforme des allocations familiales qui m'a fait littéralement tomber de ma chaise, et maintenant ce sont les hôpitaux de proximité qu'on veut supprimer sans concertation. Trop c'est trop ! Chaque matin, on se demande, nous parlementaires de la majorité, à quelle sauce on va être mangés.
Qu'est-ce qui vous gêne ?
D'abord la méthode. Il est invraisemblable que les parlementaires soient informés des projets gouvernementaux par des conseillers de l'Élysée, par voie de presse. Il y a un problème de fonctionnement, de communication à l'intérieur du gouvernement - je me demande d'ailleurs à quoi sert le ministre de la Famille, on n'a jamais été aussi cacophonique sur le sujet - mais aussi dans la majorité. Le président du groupe UMP [Jean-François Copé] parle de « coproduction » en amont, entre le gouvernement et les députés, très bien, mais j'attends toujours de voir ce que ça va donner. Nous avons été élus pour faire des réformes, mais pas comme ça. Une réforme, ça doit se faire dans la concertation, la pédagogie. Ça doit être juste et compréhensible.
Et peut-être aussi en accord aussi avec les engagements de Nicolas Sarkozy ?
Oui bien sûr. Il est vrai que je ne comprends pas très bien le projet de réforme des allocations familiales, alors que pendant la campagne il avait été question de les attribuer dès le premier enfant. Pendant la campagne, on avait aussi dit : on va mieux rembourser les frais dentaires et d'optique, et là, on remet tout en cause. Il y a là une discordance insupportable.
Vous êtres très critique, n'avez-vous pas peur de vous faire remonter les bretelles ?
Je suis loyal, fidèle à la majorité, mais je ne serai jamais un député godillot, un mouton. Lors du vote sur les OGM, le président du groupe UMP, nous a réunis une heure avant en disant : « Screugneugneu, je ne veux voir qu'une seule tête ! » J'ai eu l'impression d'être un enfant qu'on réprimande dans une classe : « Si tu n'es pas sage, tu seras puni. » Eh bien, je ne crains pas la punition. Je ne suis pas aux ordres. Je dois d'abord des comptes à mes électeurs. Alors je passe mon temps à interpeller le gouvernement sur le mode : « Mais qu'est-ce que vous faites là ? » J'ai parfois l'impression d'être un député d'opposition, car ce qu'on propose ne correspond pas à ce pour quoi nous avons été élus.
Quel message souhaitez-vous faire passer ?
Mon échec à Mayenne [Yannick Favennec était candidat aux élections municipales] était sans doute lié en partie à des considérations locales, mais le contexte national a aussi joué. Je pensais qu'on en tirerait les leçons, mais le mini-remaniement ministériel n'a pas vraiment apporté de clarté. Il est temps de se reprendre, il y a encore des échéances à l'horizon.
Propos recueillis par Arnaud BÉLIER.
Ouest-France
11:50 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : favennec, mayenne













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