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21.01.2008
Les jeunes et leur avenir compliqué
Pourquoi les jeunes Danois sont-ils plus heureux que les autres ? Mystère. La dernière enquête, Les jeunesses face à leur avenir, de la Fondation pour l'innovation politique (www.fondapol.org), réalisée en 2006, est pourtant sans ambiguïté : ils sont 26 % de jeunes Danois à croire que « l'avenir est prometteur ». Viennent ensuite les Américains (18 %), les Suédois, les Russes, les Allemands, les Anglais, les Espagnols, les Italiens, les Polonais... et, enfin, les Français avec 4 % !Dans cette enquête, effectuée auprès de 22 000 jeunes âgés de 16 à 29 ans dans dix-sept pays différents, la plus surprenante des réponses est peut-être celle où les jeunes Français sont les seuls à affirmer que « l'obéissance est une qualité plus importante à développer chez l'enfant que l'indépendance ». Curieux.
Quarante ans après Mai 68, les grands adolescents d'ici ne suivent pas les traces de leurs aînés. Un certain conformisme est de mise : un jeune Français sur deux - 54 %, record mondial - estime que le regard des autres est déterminant dans ses choix professionnels. Interrogés sur l'emploi, ils ne sont que 27 % à être certains que la société leur procurera un « bon travail ». Dans le même temps, ils sont, avec les Russes, ceux qui « redoutent le plus le libre échange et la concurrence mondiale ». Compliqué.
Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la question de la jeunesse n'a pas été affichée comme une préoccupation politique majeure. Les cafouillages autour du Plan Banlieues pourraient être effacés si les mesures que présentera, mardi, à Vaux-en-Velin, Fadela Amara sont accompagnées sur le terrain. L'idée de parcours éducatifs sécurisés (lutte contre l'échec scolaire), puis d'une aide personnalisée à la recherche d'emploi, mérite d'être soutenue. Mais qu'en pense le Président, de qui tout procède ?
À l'évidence, nombre de jeunes broient du noir. Enfin, pas complètement. Si l'on en croit les conclusions de cette enquête, les jeunes se réfugieraient dans « l'intime », c'est-à-dire dans « la famille, l'amour et la fidélité ». Contrairement aux idées reçues, ils s'engagent dans les associations ; encore faut-il préciser si c'est pour adhérer à un club de tennis ou bien pour lutter contre le réchauffement planétaire. D'évidence, pour les enquêteurs, il « existe une crise de confiance des nouvelles générations dans les institutions ». Certains plaident pour l'abaissement général de la majorité. Mais attention à d'éventuelles tensions entre générations, car seuls 11 % des Français de 16 à 29 ans se disent d'accord pour payer pour les retraites des plus vieux contre 63 % des jeunes Chinois qui sont prêts à le faire dans leur pays !
Ce qui se transmet, c'est de la solidarité familiale : argent, dialogue, mobilisation de réseaux, inégale selon les milieux. Mais qu'en est-il des modèles et des valeurs des générations plus âgées ? Les jeunes ont à inventer ou réinventer des références en phase avec l'évolution de la société. Du neuf et de l'ancien, en quelque sorte.
Par Jean-Michel Djian
19:55 Publié dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jeunes, avenir













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