10.05.2008

"Une certaine idée de la France"

8 mai 2008 j’arrive à la gare Montparnasse pour me rendre ensuite au siège du Modem pour la réunion. J’arrive au bout du quai, je lève la tête et je vois plusieurs affiches montrant la couverture du magazine Le Point. Une photo et un gros titre : « De Gaulle dévoilé, quand ses intimes parlent. » Et là une question me viens en tête, où est passé le gaullisme ? C’est quoi le gaullisme ? Pour moi le gaullisme se résume très simplement en deux mots : Résistance et indépendance. Je sais que je fais parti d’une famille politique qui a combattu les idées du général De Gaulle et pourtant j’éprouve une certaine admiration pour un homme que je n’ai pas connu si ce n’est dans mes livres d’Histoire. En effet ce personnage appartient désormais à l’Histoire. D’après ce que j’ai pu entendre ou lire c’était un homme d’une grande simplicité et qui imposait le respect. On est bien loin des peoples et des « casse-toi pauvre con. » De Gaulle c’est aussi « une certaine idée de la France.  » Alors bien sûr ce personnage avait aussi ses travers… Mais il n’en reste pas moins que De Gaulle c’était la France. Une France dont la parole dans le monde était libre et pas forcement en accord avec les Etats-Unis. Cette France là, elle était indépendante ! Suffit-il d’être de Droite pour se réclamer du gaullisme ? Je ne le pense pas, il faut avant tout savoir dire non quand tous les autres disent oui.

Il en a fallut du courage au Général pour dire NON ! Non à Vichy ! Non à la IVème République  ! Pendant que ses députés allaient à la soupe ! Il en a fallut du courage pour traverser le désert…

 

09.05.2008

Règlement intérieur

1750077455.jpg

 

 

J’étais à la réunion de travail d’hier au siège du Modem sur le règlement intérieur. Une réunion intéressante mais fatigante ! Je n’ai pas pu rester jusqu’à la fin (j’avais un train à prendre !) C’est dire comme le débat a été long ! Mais cela participe à la mise en place du mouvement, c’est un passage obligatoire. Nous avons en effet besoin de règles car comme l’a dit François Bayrou : «  Je veux la démocratie mais je n’accepterai jamais le bazar. Nous sommes en train d’établir les règles d’un commando !» Bravo à tous ceux qui ont travaillé sur ce règlement.

Merci à Eric Julliard pour l’accueil, à une prochaine fois !     

01.05.2008

Allô le monde

Pour ce 1er Mai une petite pause musicale !

 

 

 

26.04.2008

Une analyse intéressante

Voici une analyse trés intéressante de Pierre-Luc Séguillon

 

"Que l’Elysée s’efforce d’asphyxier le Modem, de déstabiliser les derniers soutiens de son président et d’isoler celui-ci dans le champ politique ne fait aucun doute. On se souvient que Nicolas Sarkozy s’est personnellement impliqué dans la campagne municipale de Pau en se rendant lui-même dans cette ville et en apportant son soutien au maire sortant, dissident du PS,  pour mieux  empêcher François Bayrou d’accéder à la mairie. La note élyséenne évoquée par le journal " Le Monde" et dans laquelle des collaborateurs du chef de l’Etat font état de différentes pistes pour affaiblir François Bayrou est si réelle que l’Elysée s’interroge aujourd’hui sur la manière d’éviter à l’avenir ce genre de fuite ! François Bayrou est donc parfaitement fondé à dénoncer publiquement, à l’occasion d’une conférence de presse, une entreprise programmée de déstabilisation. De son point de vue, il est de bonne  méthode  de dramatiser et de dévoiler l’opération pour tenter de la désamorcer.

La chose est d’autant plus importante pour le président du Modem qu’il s’agit rien moins aujourd’hui que de sauvegarder le nerf de la guerre, autrement dit le patrimoine immobilier et financier de l’UDF sans lequel il pourrait difficilement faire à nouveau campagne présidentielle dans quatre ans. Qu’il n’est pas été bien difficile de débaucher  hier les élus de l’UDF, aujourd’hui des élus du Modem n’est guère contestable non plus. A quelques exceptions notables près, les députés sortants de l’UDF n’ont pas hésité un instant à se précipiter dans les bras de Nicolas Sarkozy et à se faire les supplétifs de l’UMP pour conserver leurs sièges. D’autres, depuis, comme Jean-Marie Cavada ont plus récemment quitté le navire Modem, appâtés par la perspective d’obtenir un strapontin ministériel. Michel Mercier, président du groupe UDF  au Sénat et trésorier du Modem, paraît céder à son tour à cette contagion. Sauver son siège de président du conseil général et sauvegarder la possibilité à venir d’une entrée au gouvernement semblent avoir eu raison de la fidélité du sénateur centriste.

Que les pratiques autocratiques de François Bayrou aient contribué à décourager les meilleurs volontés est une réalité. L’ancien ministre de l’Economie,   Jean Arthuis,  qui vient de quitter le Modem, se plaint depuis longtemps de cette gouvernance solitaire.

Que les choix d’alliances faits dans le désordre par les militants locaux du Modem, lors des élections municipales et visiblement non maîtrisés par un François Bayrou trop occupé par sa propre campagne à Pau, aient contribué à brouiller un peu plus la ligne stratégique du Modem et à dérouter l’opinion est également une évidence.

Et pourtant… bien qu’il paraisse isolé, abandonné par la quasi totalité de ses grands élus, placé dans une situation apparemment sans issue, François Bayrou ne doit pas être considéré comme politiquement mort. On aurait grand tort d’enterrer le président du Modem pour plusieurs raisons. En premier lieu, parce que le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l’affaiblir, l’épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition.

Par ailleurs, François Bayrou a la légitimité d’une campagne présidentielle qui a porté sur son nom près de sept millions de voix. Il possède surtout la légitimé  de celui qui, à l’inverse de ses deux compétiteurs de la campagne présidentielle, s’est refusé l'an passé à promettre la lune et a proposé un projet à la mesure des moyens réels du pays et compte tenu de sa situation financière délicate. Rendons à César ce qui revient à César! François  Bayrou avait annoncé que les engagements  inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient à la banqueroute. Les faits lui ont malheureusement donné raison. Last but not the least, un bien pouvant sortir d’un mal, le Modem est désormais lesté de tous les notables qui stérilisaient sa capacité d’invention et d’innovation. Enfin le Modem revendique une identité politique originale. Il se veut libéral et social. Il refuse à la fois l’Etat à tout faire des socialistes et la remise en cause du modèle social français opérée par la droite.

Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l’UMP.  Il a pris pour intitulé la démocratie et prône un mode de scrutin qui permette à l’ensemble des composantes et sensibilités politiques d’être représentées au parlement. Il se targue de progressisme, adversaire de tous les conservatismes qu’ils soient de droite ou de gauche mais hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d’une nation.  Toutefois François Bayrou ne saurait valoriser ces atouts dans l’avenir qu’à plusieurs conditions. Il lui faut d’abord changer de mode de gouvernance. Sa forte personnalité ne doit pas l’empêcher de pratiquer une direction plus collective de son mouvement. S’il n’y prend garde, il fera définitivement le vide autour de lui. Il importe au contraire qu’il constitue autour de lui des équipes nouvelles pour structurer cette formation politique neuve.

Il conviendrait, en second lieu, qu’il définît positivement son projet et non pas seulement, comme c’est le cas depuis des mois, qu'il le présentât  de manière purement négative. Il ne suffit pas de dire que l’originalité du Modem est de se vouloir  libre et affranchi de toute attache à la droite sarkozienne comme à la gauche socialiste pour justifier son existence et lui donner une visibilité. Le projet de François Bayrou n’acquerra un minimum de vraisemblance et de crédibilité vis-à-vis de l’opinion que s’il  affiche clairement l’ambition qui est la sienne, quand bien même relèverait-elle encore aujourd’hui de l’utopie : devenir,  à terme, sur l’échiquier politique et au gré d’une élection présidentielle, le grand parti démocrate moderne progressiste qui serait l’alternative à la droite républicaine en lieu et place d’un parti socialiste prisonnier de son orthodoxie radicale, incapable de se renouveler et rongé par ses querelles de chapelles et de personnes.

Un tel pari n’a quelque chance d’être gagné que s’il s’accompagne d’un travail d’analyse, de réflexion et de proposition intense associant militants et intellectuels pour nourrir et décliner ce projet à tous les niveaux économiques, sociaux, diplomatiques et culturels. Ce qui suppose chez François Bayrou la volonté nouvelle d’attirer à lui et de faire travailler avec lui des hommes et des femmes ayant chacun dans leur domaine une pensée neuve et originale. Il n’a pas encore su le faire jusqu’à présent et ses prestations médiatiques comme ses interventions publiques ont souffert de ce manque de travail sérieux en amont.

 D’ici à 2012, le président du Modem dispose de deux échéances électorales pour roder son jeune parti, les élections au parlement européen en 2009 puis  les élections régionales. Le mode de scrutin proportionnel des européennes peut lui être relativement favorable d’autant que la thématique européenne elle-même lui est naturelle. 

Il est une vieille loi en politique : de même que la Roche Tarpéienne est proche du Capitole,  de même un acteur politique peut toujours rebondir et revenir au sommet aussi longtemps qu’il est vivant. Pour être aujourd’hui abandonné, isolé, déserté, blessé, voire moqué après avoir été applaudi durant des semaines à la même époque, l’an passé, François Bayrou n’est pas dépourvu pour autant de tout ressort et de tout atout.

Touché, certes. Mais pas coulé !"

 

Autre analyse, celle de Christophe Barbier (au lendemain des derniéres législatives)

 

MoDem/Bayrou - C dans l'Air - 110607 - L'analyse de Barbier
envoyé par buildfreedom

24.04.2008

Un an de Sarkofolie

1806934663.jpgVoila un an que Nicolas Sarkozy est au pouvoir. Quel bilan pouvons-nous faire de cette première année ? Voici quelques extraits du livre de François Léotard qui résume bien cette première année. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires sur cette année de Sarkofolie !

 

Au cours de leur vie politique, les deux hommes se sont croisés et appréciés. Mais aujourd’hui François Léotard, qui publie chez Grasset un texte au titre sans équivoque "Ca va mal finir", dresse un réquisitoire impitoyable sur l’action du Chef de l’Etat.

« Ca a débuté
comme ça. Une élection, une fête, du Champagne. Et du chiffre d'affaires au mètre carré. C'était pétillant. Je n'allais pas bouder mon plaisir puisque j'avais voté pour lui. [...] Naturellement mon cote gaulliste avait quelques regrets. La France prenait des allures de grande surface, et parmi les candidats mon produit était en tête de gondole. La publicité et les     promesses s'accompagnaient l'une l'autre comme deux petites voleuses qui font les sacs à main. Ensemble tout était possible. J'étais heureux qu'on soit ensemble. C'est étonnant comme on aime à croire ce qui n'est pas croyable.
Il a fallu plusieurs mois pour entendre parler de faillite. L'homme de Matignon, Fillon le velouté, s'était laissé aller. Faillite ! C'est un mot que l'on aurait aimé entendre au mois de mars, avant l'élection... Au moment des giboulées. On s'y serait fait. Moi, je pensais à Churchill : "Je n'ai à vous offrir que de la sueur, des larmes et du sang." Et Londres bombardée tous les soirs. Nous, on allait très bien. Merci. La dette faisait à peu près l'équivalent du budget de l'Education nationale. Les intérêts seulement ! Pas le capital. Je me disais : ça va être bien. On pourra faire deux fois plus de lycées... Il suffira de rembourser ce que nous devons, de revenir à l'équilibre et le tour sera joué ! D'autres le font autour de nous. C'aurait été une promesse de grande qualité. Un millésime rare au rayon de l'œnologie politique. J'avais oublié que la dette, c'est comme la morphine : du bonheur immédiat ! On a donc choisi la béatitude. [...] Dès le lendemain on ne fut pas déçu : la retraite monastique bercée par le clair de lune sur un scénario de Fitzgerald, le clapotis des flots au large de Malte, puis aussitôt après le déferlement des milliardaires, la chasse aux nigauds baptisée modestement "ouverture", les infirmières bulgares, le drapeau tricolore relooké par Prada, les intermittences du cœur sous les ombrages de la Lanterne , un gouvernement tétanisé par les engueulades, les escapades à Saint-Tropez, enfin les bien-aimés du pouvoir, le gratin du Bottin mondial : Chavez, El-Assad, Kadhafi, Poutine... les cancres du passage en terminale de la démocratie. Je commençais, petit à petit, à bouffer mon bulletin de vote. [...] Sarkozy, c'est Glenn Gould en moins délicat. Il joue avec les mots sur son piano. Un artiste. Comme l'interprète canadien, il accompagne ses partitions de soupirs, de mouvements du visage qui donnent à la pièce jouée la permanente allure d'un chef-d'œuvre. Mais ce n'est pas du Bach.
Prenons l'exemple de ses rapports avec la police. Ils ont séduit une droite qui ne plaisante pas avec ces choses-là, ils ont alimenté ses nombreux discours, et sans doute, comme pour tous les enfants, marqué son parcours. Voilà une institution qu'il aime. Il s'y plaît. [...] Sarkozy ne parle pas de la police. Il est la police. Il est l'ordre. L'ordre seulement, mais l'ordre complètement. Sa doctrine est faite : les loubards des banlieues n'ont pas de problèmes sociaux, ni de logement, ni de culture, ni d'emploi. Les pédophiles n'entrent pas dans la catégorie de l'acquis mais dans celle de l'inné, les récidivistes que la prison a largement amochés doivent y retourner le plus vite possible. Ils ont été jugés ? Aucune importance. Pour le même délit, déjà purgé, on va inventer 'un suivi' en milieu fermé, c'est-à-dire une deuxième prison qui s'ajoute à la première, mais sans jugement. A quoi bon ? C'est l'Etat qui doit décider, c'est-à-dire l'exécutif, c'est-à dire la police. Il semble que notre président n'ait lu ni Tocqueville, ni Montesquieu, ni Benjamin Constant, il semble que la séparation des pouvoirs lui soit une énigme. Si l'on rend la justice Place-Beauvau, ce sera plus rapide. Et surtout plus près de l'Elysée. [...] On se souvient qu'il répétait volontiers qu'on ne faisait appel à lui que dans les moments désespérés. Alors il arrivait, soulevait le RPR et l'exaltait en quelques jours, redressait le budget de la nation, rendait à la police la confiance qui lui manquait. [...]
C'est vrai, on aurait dû se méfier. Dans le monde sauvage des animaux politiques, il ne faut pas être sur le passage d'un prédateur. Je le sais, j'ai traversé imprudemment la savane. Chirac était un carnassier débonnaire. Avec lui, on était mort, mais c'était sans rancune. Chacune de ses victimes, antilope déchiquetée et consentante, devenait digne d'une amitié nouvelle définitivement inoffensive. Avec Sarko, c'était différent. Le fauve avait - si l'on peut dire - une mémoire d'éléphant. Un jour, me parlant justement de Chirac, il m'avait dit : "François, n'oublie jamais ceci : je suis fidèle à mes ennemis." J'en ai encore froid dans le dos. L'ouverture n'a rien changé à cela. Elle donne à la victime un côté comestible qui la fait s'aplatir avec une docilité déconcertante. La douceur de Jack Lang dans ses approches concentriques du pouvoir fait penser aux roucoulements des pigeons qui ne voient pas, dans la casserole, les olives dont ils seront bientôt entourés. [...] Et je crains que la belle histoire qui nous est racontée du haut de l'Elysée ne se termine mal. Parfois je ne peux empêcher un certain malaise de venir en moi. J'essaie de le chasser et il revient. Je prends un livre et ça revient de plus belle. [...] Depuis que tu es à l'Elysée je suis inquiet. Qu'est-ce qui t'a pris exactement ? Je lis dans un journal que désormais la police française arrête des enfants... J'ai suivi avec consternation le morceau de Grand-Guignol qui t'a mis dans les bras de Kadhafi... J'apprends que tu as une «plume» qui te fait dire des bêtises... Il paraît que tu n'écoutes plus ceux qui t'entourent... Tu aurais même traité mon ami Martinon d"'imbécile"... Ce n’est pas bien tout ça, Nicolas. Je te le dis parce que nous avons grandi ensemble. [...] Et puis ces histoires d'ADN pour le regroupement familial, ce n'est pas toi ! Tu t'es fait déborder par quelques malades de l'UMP Des frénétiques... [...]
Tu as eu raison de citer Guy Môquet. Cette jeunesse-là, intacte et fervente, qui s'abat d'un seul coup, laissant derrière elle le grand silence du courage, cette jeunesse-là, elle est belle et sans doute plus belle que la nôtre... J'aurais aimé qu'à côté de Guy Môquet tu cites Aragon, celui de 'l'Affiche rouge'. Parce qu'il parle de Manouchian et que le poème d'Aragon est lové dans l'écriture de la dernière lettre du futur fusillé. Pourquoi dis-je cela ? Parce que ces étrangers "mais nos frères pourtant" ont davantage honoré la France que ces "bons Français" qui tranquillement la salissaient à Vichy. Parce que ce sont souvent des étrangers qui ont aimé notre pays plus que nous ne l'avons fait. Parce qu'ils portaient "des noms difficiles à prononcer", parce qu'ils considéraient que peut-être dans le mot France il y avait un désir de droit et - qui sait - une résistance cachée. »